Islam : la controverse sur le pet vaginal

Les textes religieux s’interrogent parfois avec le plus grand détail sur l’impact de telle ou telle manifestation du corps. En témoigne, ce question-réponse sur le statut du pet vaginal dans la pratique de la prière de l’Islam.

Toutes questions, y compris les plus gênantes, trouvent leur réponse sur le site Islam Q&A, que ce soit l’impact d’une sensation de pet imaginaire lors d’une ablution, les règles régissant l’interprétation des rêves et même la légitimité de tuer un magicien. L’article qui a retenu mon attention porte sur le pet vaginal, aussi appelé frout. Comme vous pourrez en juger, la question est très détaillée et rien n’est épargné à l’Iman qui y répond ensuit avec soin :

Il est bien connu que parfois des gaz s’échappent du sexe féminin. […] Supposons qu’une femme souffre en permanence de ce phénomène dans tous ses états et attitudes; qu’elle soit assise ou en mouvement, en prière ou pas, etc. Son problème est que quand elle est en prière, elle ne peut pas affirmer avec certitude que le gaz échappe de son sexe, au quel cas, elle peut continuer sa prière, ou du derrière auquel cas, elle doit y mettre fin, refaire ses ablutions et reprendre la prière […]. Doit elle continuer sa prière en jugeant que le gaz est passé par le vagin si toutefois elle n’est pas sûre du contraire, ou interrompre sa prière en retenant la probabilité que l’anus en est la source et en renouvelant ses ablutions avant de reprendre sa prière ?

La réponse de l’Iman est complexe car il y a « une divergence au sein des jurisconsultes à propos de la rupture des ablutions suite à la sortie de gaz dégagés par le vagin« . En effet, la controverse a lieu entre les doctrines chafittes et hanbalites. Selon l’imam an-Nawawi « Ce qui se dégage des sexes masculin et féminin ou de l’anus entraîne la rupture des ablutions; qu’il s’agisse d’excréments , de l’urine, de gaz, de vers de pus, de sang, de cailloux ou d’autres éléments. »

Cependant, le deuxième avis est que cela n’entraîne pas la rupture des ablutions. C’est ce qui se dégage des doctrines hanafite et malékites, et l’on lit dans radoul Mouhtar ala ad-Dourr al-Moukhtar : « Le gaz qui échappe du vagin ou du pénis n’entraîne pas la rupture des ablutions puisque cela résulte de convulsion et ne constitue pas un véritable pet. A supposer qu’il le soit, il ne provient pas d’une source d’impureté et partant ne rompt pas les ablutions. » Dans ce cas, la pauvre femme pourrait tranquillement se contenter de n’exécuter la prière qu’une fois.

Cependant, « étant donné le caractère sérieux de la divergence » et que c’est plus prudent et permet mieux de se conformer au sens apparent des arguments, l’auteur de la notule d’Islam Q&A conseille tout de même refaire la prière. Seule exception : « si les gaz s’échappent de façon permanente et dans tous ses états, l’intéressée est excusable, même si elle était sûre que le gaz échappait du derrière. Elle doit refaire ses ablutions à l’entrée de l’heure de chaque prière puis accomplit sa prière obligatoire suivie d’autant de prières surérogatoires qu’elle voudra. Elle n’est pas tenue de reprendre les prières chaque fois que du gaz s’échappe d’elle ».

Ne me remerciez pas.

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