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Le cumtribute est une pratique répandue sur les sites de partages de vidéos X. Il consiste à rendre hommage à une personne, le plus souvent de sexe féminin, en se masturbant sur son image.

L’éjaculation faciale est une pratique sexuelle controversée. Accusée d’être une coutume humiliante pour la femme, il trouve aujourd’hui, dans certaines communautés interlopes du web ,une signification nouvelle.

Le facial n’y est plus une humiliation mais, au contraire, une façon de « rendre hommage ». Cela paraîtra d’autant plus incroyable que les deux partenaires peuvent pratiquer ce facial nouvelle manière sans se toucher, séparés par des milliers de kilomètres… Le Tryangle est fier de vous présenter : le cumtribute.

Éjaculer sur une photo pour rendre hommage

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Le cumtribute consiste à rendre hommage à quelqu’un en se masturbant jusqu’à ce qu’éjaculation s’ensuive au-dessus de sa photo, le tout sous l’oeil attentif d’une caméra ou d’une webcam. Ces vidéos ne nécessitent – on se doute – pas de talent sexuel particulier et recueillent le plus souvent un nombre infime de vues. Par exemple, un cumtribute très rare sur une photographie de campagne de Sarah Palin n’a été vue que 2593 fois à l’heure où j’écris ces lignes. Car, oui, vous l’aurez compris, les stars féminines sont les premières « cibles » du jet d’honneur, comme par exemple Beyoncé :

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Et, bien sûr, Miley Cyrus, la véritable Star des wankers de Xhamster, le célèbrissime site de partage de vidéos pornographiques. Cependant, le cumtribute concerne bien moins les stars que les « membres » d’une communauté.

Faire un don de sperme, honorer l’élu de son cœur

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Mes recherches sur le Cumtribute ( « Oui, et bien, quoi, alors, on cherche le weird ou on cherche pas le weird ? » ) m’ont mené à sonder plusieurs sites de partage de vidéo. Force est de constater que Xhamster était, sur ce point, bien mieux achalandé que son concurrent, Xvideo. Pourquoi ? Peut-être parce que Xhamster est le 43e site le plus vues au monde, juste au-dessus du Google italien et de Craiglist, et qu’Xvideo n’est que 49e. Peut-être. Je pense plutôt que cela est dit à une caractéristique du Cumtribute et d’Xhamster : plus qu’un site de streaming, Xhamster a développé très tôt un aspect communautaire, avec identification et espace personnel, service de messagerie et autres fonctionnalités permettant aux internautes de s’envoyer des photos d’oeuvres d’art Renaissance et de musique de chambre (quoi d’autre ?).

Résultat ? Le Cumtribute fait fureur entre membres, les photos de comptes féminins recevant de nombreux hommages de ces messieurs que l’on retrouve avec le hashtag le plus populaire dans cette catégorie secrète, « Cumtributeme » :

Image Hosted by ImageShack.usFort de cette découverte, j’ai élargi ma recherche au Web dans son entier. Conclusion : le cumtribute semble avoir une petite communauté qui se réunit autour de forums, à l’instar de Cumonprintedpics. L’essentiel de l’activité des forumeurs consiste à recevoir des demande de « cum on pics » et d’y obéir. Par soucis écologique, certain préfèrent le faire sur l’écran d’un téléphone ou d’un ordinateur.

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Les demandes sont multiples, mais il faut reconnaître qu’elles viennent plus souvent d’hommes réclamant qu’on honore leur femme exagérément callipyge, leur soeurs ou même leur « sexy ebony mother ». Si ça vous intéresse, n’hésitez pas, ça a l’air gratuit.

Cumtribute : une courageuse réhabilitation du facial ?

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Le facial est-il, dans ce cas, déshonorant ? De nombreuses féministes, bien sûr, et des sexologues sont très critiques à l’égard de cette joyeuse pratique. En France, la publicité de l’association Droit des non fumeurs (DNF) avait suscité un tollé, allant jusqu’à ce que Nadine Morano, secrétaire d’Etat, en demande l’interdiction. Sur l’affiche, un adolescent à genou fume une cigarette entre les jambes d’un homme en costume dans une posture de fellation. Aussitôt critiqué, l’agence BDPP & Fils avait répondu que, justement, « la fellation était le symbole parfait de la soumission« . Le facial, quant à lui, fait l’objet d’une critique encore plus virulente, notamment de la part de Gail Dines, auteur(e) de Pornland : How Porn Has Hijacked Our Sexuality. Selon elle, l’éjaculation faciale est « l’acte le plus dégradant de la pornographie » car elle marque la femme comme un objet « usagé », ce qui sous-tend une relation consumériste d’appartenance de l’objet-femme au client-homme.

« Cum on me, not in me » disait certain(e)s enseignant(e)s d’éducation sexuelle dans les années 80. Avec l’apparition du Sida dans les années 80, l’éjaculation externe est devenu une marque de respect, selon Charlie Glickman, auteur de Hard Core : Power, Pleasure and the « Frenzy of the Visible ». L’apparition du facial ne serait absolument pas dû à un désir de puissance chez l’homme, mais à l’industrie du X :

Ejaculating on a woman’s stomach, however, usually meant that the camera wouldn’t let the audience see the actress’ expression. But if the male actor came on her face, the viewer could see two things at once: evidence of male pleasure (symbolized by the ejaculation) and the equally important sign that a woman’s reaction to that pleasure mattered. With sex now so dangerous — and HIV particularly likely to be spread through semen — facials were relatively « safe. » But in the era of AIDS, they were also compelling visual evidence that a woman wasn’t threatened by a man’s semen. In that sense facials were, almost from the start, more about women’s acceptance of men’s bodies than about women’s degradation.

Mais qu’est-ce que cela cela dit sur nos joyeux Cumtributeurs ? Pour faire plaisir aux lectrices et lecteurs féministes, je prendrais l’exemple des Monologues du vagin. Dans cette pièce, une femme a honte de son vagin qu’elle juge incroyablement laid. Jusqu’au jour où elle rencontre Bob, qui se prend de passion pour ce point particulier de son anatomie et passe des heures à le regarder (et autres activités relatives). Pour Charlie Glickman, c’est un exemple intéressant :

Perhaps the intense appeal of facials in porn (and real life) was about men’s desire for that same experience of being validated as desirable, as good, as « not dirty. » For a young man raised with the sense that his body – and especially his penis – is « disgusting », a woman’s willingness to accept a facial is an intensely powerful source of affirmation.

En somme, à l’inverse même d’un désir de puissance, le cumtribute et le facial seraient des pratiques d’affirmation de soi et d’une intimité décomplexée. En témoigne la création d’une communauté mixte d’hommes et de femmes. Bien sûr, on pourra y préférer l’écriture de sonnet, l’art floral et les ballades sur la digue à marée basse. Whatever gets you on ?

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