Gabriel Magee, banquier chez JP Morgan, s’est suicidé le 28 janvier dernier. Selon certains, l’acte de cet homme au caractère sinistre était prévisible. Pour d’autres, la vérité est ailleurs : Gabriel n’a pas cherché à se tuer, mais à entrer dans une dimension parallèle. Explication.

gmEn février dernier, une vague de suicides sévissait dans le monde de la finance. Mais c’est celle de Gabriel Magee qui a le plus fait parler, et pour cause : son ex-petite amie a affirmé que son suicide était la cause d’une fascination excessive pour la théorie du « suicide quantique ».

Obsédé par le suicide quantique

Selon Lucy, Gabriel était traumatisé par leur rupture : il « restait dans sa chambre, les rideaux fermés, refusant toute sociabilité ». Fasciné par la mécanique quantique, il serait devenu particulièrement obsédé par le suicide de deux étudiants américains en physique : ”D’après ce que j’ai compris, cela avait à voir avec la physique quantique et le suicide, car ces deux étudiant s‘étaient reliés à des injections mortelles, elles-mêmes fonctionnant sur un système de loterie“, explique-t-elle, énigmatique. Une loterie quantique ?

La mécanique quantique est la tentative de décrire le monde en fonction d’amplitudes de probabilités. Pour chaque action, pour chaque évènement, il y a une forte amplitude de probabilités qui peut donner lieu à des « état superposés » que les plus courageux d’entre nous aiment à appeler « univers parallèles ». Par exemple, la balle qui a tué JFK avant d’atteindre sa cible peut soit le tuer, soit être déviée par un pigeon héroïque. Tant qu’elle n’a pas atteint son but, deux états superposés existent : un monde avec et sans le pigeon (et JFK).

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Un point sur le meurtre quantique

Mais quel rapport avec le suicide d’un banquier ? Le meilleur exemple de la théorie des états superposés est le paradoxe du chat de Schrödinger. Laissons la parole à Wikipedia qui a réussi, par une travail collaboratif acharné, a expliqué clairement le paradoxe :

Erwin Schrödinger a imaginé une expérience dans laquelle un chat est enfermé dans une boîte avec un dispositif qui tue l’animal dès qu’il détecte la désintégration d’un atome d’un corps radioactif ; par exemple : un détecteur de radioactivité type Geiger, relié à un interrupteur provoquant la chute d’un marteau cassant une fiole de poison […]. Si les probabilités indiquent qu’une désintégration a une chance sur deux d’avoir eu lieu au bout d’une minute, la mécanique quantique indique que, tant que l’observation n’est pas faite, l’atome est simultanément dans deux états (intact/désintégré).

Toute la question est là : tant qu’on ouvre pas la boite, il est impossible de savoir si le chat est mort ou vivant. Tant que l’observation n’est pas faite, le chat est mort ET vivant. Deux univers existent parallèlement tant que la boite n’a pas été ouverte et le meurtre du chat constaté par l’expérimentateur !

Quid de la roulette russe quantique ?

Notre financier s’est-il enfermé dans une boite pour rester mort et vivant en même temps (ou ni mort, ni vivant) ? Pas tout à fait. Le suicide quantique propose qu’un humain, qui joue donc lui-même le rôle de l’observateur, prenne la place du chat. Autrement dit, que le rôle du scientifique observateur et celui du chat confronté à la mort soit interprété par la même personne. Et là, paradoxe ! Si notre être humain se suicide, et comme il ne peut que « constater » qu’il est vivant, alors il ne peut atterrir que dans un monde où il constate qu’il est vivant. C’est toujours l’observation d’un état qui permet de « fixer » cet état.

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Contrairement au cas du chat, invisible dans sa boîte, le suicidé quantique vit l’expérience en vue subjective. On aurait même pu appeler l’expérience un « suicide de Schrödinguer », et – soit dit en passant – celle du chat, un « meurtre quantique ». En somme, en se suicidant, l’expérimentateur créé deux mondes : le premier où il est mort et un second où il a miraculeusement survécu au suicide. Dans le cas d’un homme qui se jette du cinquantième étage, la survie indique des pouvoirs extraordinaires. Peut-être même la conscience est-elle transférée dans un monde où Gabriel Magee, banquier, est un être immortel ?

On trouve des illustrations de cette théorie dans Le Prestige de Christopher Nolan et dans Donnie Darko de Richard Kelly. Certains parlent de loterie quantique. Le réalisateur de cette vidéo parle même de roulette russe quantique :

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