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Lazarus Mirages : peut-on prêcher le doute ?

Quentin Articles, Esprit Leave a Comment

[stag_intro]Le 14 février 2012, un étrange personnage apparut sur les réseaux : nommé Lazarus Mirages, il commença à poster des vidéos sur le facebook du Tryangle. Masqué, il parlait de piratage de la télévision française et de triomphe du Doute radical. De quoi intriguer le Tryangle… [/stag_intro]

Rapidement, les médias s’intéressent à son cas et c’est le défunt magazine OWNI qui, hébergeant le second blog de Lazarus, fera fait tomber le masque sous la plume de Julien Goetz: Lazarus Mirages est une série documentaires produite par Patric Jeanet Anne-Laure Bonnel;. Il se présente d’abord comme une expérience transmédia à découvrir sur le site de Lazarus Mirage puis comme documentaire traditionnel à découvrir en bas de l’article. Son thème ? Démasquer les supercheries.

Mais, malgré tout, les producteurs continuent de prétendre que Lazarus existe bel et bien. Ce serait bien lui qui les aurait contacté pour produire un documentaire sur la zététique et ses méthodes. Séduit, l’équipe aurait conçu une esthétique et un costume pour faire de lui un personnage unique en son genre, croisement entre un Anonymous, Arsène Lupin et un prestidigitateur.

Pour vous faire une idée, vous pouvez le découvrir dans cette vidéo (Attention, la vidéo contient des morceaux de Bruno de Solo):


Anne-Laure Bonnel pour « Lazarus lève le voile » par tvlabfrance4

Le Tryangle ne rate jamais l’occasion de parler à un personnage fictif, surtout qu’il en est un lui-même. Rencontre avec Lazarus Mirages, him (ou her) self.

Lazarus Mirages, du doute à la zététique

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Qui est Lazarus ? Qu’est-ce que Lazarus, et dans quelle mesure existe-t-il ?

Quelle question surprenante. J’existe en effet, tout autant que vous. Devrais-je dire, aussi peu que vous ? En effet, notre perception du monde n’est jamais qu’une fiction que nous nous jouons à nous mêmes et notre personnalité sociale n’est qu’un masque construit selon notre culture, notre éducation, notre expérience, des normes. Nous sommes les personnages d’un grand spectacle et le seul moyen d’en sortir un peu est d’en prendre conscience.

Comment êtes-vous devenu Zététicien, et quels sont vos modèles ? Avez-vous des contacts avec d’autres Zététiciens comme Henri Broch ? Curieusement, on pense souvent à Houdini et le Arsène Lupin de l’ïle aux Trente Cercueils.

C’est trop d’honneurs.

Pour Henri Broch, il est ma référence scientifique (je ne suis pas scientifique moi-même). C’est à lui entre autres que je m’adresse pour faire valider mes propos et expériences qui sont parfois directement tirées de ses recherches. Nous ne nous connaissons pas physiquement mais échangeons très souvent. C’est de plus une personne exquise.
J’ai beaucoup d’amitié aussi pour l’un de ses disciples (j’emploie le terme par provocation) Richard Monvoisin qui enseigne à l’université de Grenoble. J’ai aussi des contacts avec de nombreux zététiciens (et plus rares zététiciennes) un peu partout.

Plutôt que Houdini, j’évoquerais Robert Houdin (Houdini lui a emprunté son patronyme pour lui rendre hommage). Un français, inventeur de tous les trucs modernes de la prestidigitation à qui les zététiciens font souvent référence comme Normand Baillargeon.


Lazarus Mirages – Lourdes par lazarusmirages

Doutez de tout vous amène-t-il à : a) croire en rien b) considérer que tout est possible ; et pourquoi ?

Ni l’un ni l’autre. Le terme « croire » est polysémique. On peut « croire » en des valeurs comme l’humanisme, la laïcité, l’égalité, la justice. Mais quand il s’agit de « croire » au sens religieux du terme, cela correspond à suivre non pas une valeur éthique mais une « vérité » sans pouvoir l’observer, l’analyser. C’est là qu’il faut douter.

La Raison nous donne des outils de compréhension du monde. Elle permet de nous méfier de biais dans nos analyses mais aussi dans nos perceptions. Il est vrai qu’utiliser les outils du scepticisme nous mène à prendre la mesure de nos méconnaissances. C’est là qu’il faut pouvoir déléguer et faire confiance à ceux qui ont plus de savoir que nous dans un domaine, à condition qu’ils travaillent eux-mêmes avec ces mêmes outils que l’on résume par l’expression « méthode scientifique ».

Cette méthode permet de guérir du cancer et de faire voler les avions. La croyance ne permet rien de tout cela.

Peut-on prêcher le doute sans se contredire ?

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N’y a-t-il pas un paradoxe dans le fait de prôner le doute tout en adoptant un style et une théâtralisation située quelque part entre l’Anonymous, l’évangéliste et le prestidigitateur ? En d’autres termes, vous me semblez prôner le doute de façon très affirmative.

Vous avez bien compris que tout cela est aussi un jeu… On peut réfléchir et se faire plaisir, n’est-ce pas ?

Personnellement, je pensais qu’il faudrait réaliser un film documentaire pour parler au grand public du rationalisme. J’ai contacté un réalisateur (Patric Jean) à qui j’ai proposé de financer l’écriture d’un tel projet. C’est lui qui m’a alors proposé d’en faire une expérience « transmédia ». J’ignorais ce terme à l’époque. Et comme je désirais rester totalement anonyme, y compris à ses yeux, il m’a proposé d’en jouer et de m’exprimer moi-même anonymement à l’image. Je vous avoue que découvrir un plateau de tournage m’amusait beaucoup. J’ai donc accepté et Patric Jean et toute son équipe m’ont proposé une apparence (masque, costume…) et un univers dans lequel je pouvais m’exprimer. Ils ont développé une esthétique qui me plait beaucoup. Pourquoi ne pas chercher la beauté quand on le peut ?

Et donc pour vous répondre, Anonymous, pourquoi pas ? J’admire leur combat contre la scientologie. Prestidigitateur, oui. J’en porte d’ailleurs symboliquement la canne traditionnelle. Quant à l’évangélisme, je ne vois pas trop le rapport.


Lazarus Mirages – Test de croyance par lazarusmirages

Ne trouvez-vous pas que vous allez loin lorsque vous reprenez la dialectique et le style conspirationiste pour une production de fiction ? Certains pourraient vous reprocher d’en faire la publicité, d’autres de la parodier sans la croire et d’autres de l’utiliser. Au départ, il était difficile de savoir que vos premières vidéos étaient des fakes (les premières que vous avez envoyé sur facebook au Tryangle) et, aujourd’hui, certains internautes sont déçus que vous ne soyez en réalité qu’une « production télé », je cite : « Clients spectateurs et fossoyeurs passez votre chemin, lazaruze se cherchait une place dans la téloche. Tout va bien »

Mon expression a donc été volontairement très mise en scène comme vous le percevez. Je pense que les tenants d’idées conspirationnistes que je combats font tout au contraire pour ressembler à des personnes sérieuses, normales, voire scientifiques. Je n’ai jamais vu un conspirationiste masqué.

D’autre part, je pensais financer un film documentaire et je me suis laissé entraîner dans une expérience qui comprenait deux films documentaires, un site, une vingtaine d’éléments interactifs, un jeu, un blog, des réseaux sociaux. Tout cela s’est arrêté en juin 2012.

Puis, Anne-Laure Bonnel (de l’équipe de Patric Jean) a proposé que je m’exprime à nouveau dans un film d’une vingtaine de minutes qui serait diffusé en télévision et sur internet. Je ne refuse aucune possibilité de m’exprimer à partir du moment où l’on ne me dit pas ce que je peux ou pas dire. Il n’y a pas de bon ou de mauvais médium. Il n’y a que de bons et mauvais usages. Et les usages sont partout majoritaires.

Il se fait que ce petit film participait à une compétition pour devenir une émission récurrente de télévision française. Si l’on me permet de m’exprimer librement je continuerai. Dès que l’on voudra me censurer ou me pousser à dire des choses, je m’arrêterai immédiatement. Il faut donc me juger sur pièces en sachant que je peux me tromper… Et si je peux m’exprimer librement une fois par semaine avec mes amis zététiciens, sceptiques, laïques et autres humanités, banco.

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D’un autre côté, la ferveur continue de certains internautes autour de votre personnage ne vous effraie-t-elle pas ? Votre devise est « A force de croire, on oublie de douter », et cela semblerait problématique qu’une ferveur trop forte vous entoure : « Lazarus, j espère que ça marchera car tu peux changer ces mentalités, et peut être si le peuple français serait moins aveugle, on y arrivera à la révolution. »

Une ferveur pour une personne anonyme et qui le restera ne m’inquiète pas. Je ne risque pas de devenir une pop star ni que l’on me reconnaisse dans la rue. Je m’exprime d’ailleurs aussi dans d’autres pays, d’autres langues et sur d’autres thèmes, cette fois sans porter de masque. Lazarus est surtout le vecteur de valeurs, d’idées dont chacun peut s’emparer. Que mes amis sceptiques se rassurent, je ne finirai pas dans une publicité. Je n’ai rien à vendre.

Votre proactivité sur les réseaux sociaux dessine un personnage plus émotif que celui du documentaire : votre réaction à la mort de Clément Méric avant même le début de l’enquête était particulièrement affirmative quant au déroulée des évènements, qui ont, depuis, pris une tournure plus complexe et non moins tragique. Peut-on être zététicien sans être stoïcien ?

Je vais vous faire une confidence. J’ai commis une erreur. Je me suis repris dans les secondes qui ont suivi mais j’ai agi effectivement de façon trop émotive. Si l’on avait appris le lendemain que le skinhead n’en était pas du tout un et que la victime était armée, j’aurais eu l’air stupide. Ce genre de choses arrive que les réseaux sociaux car ils sont rapides, instinctifs. Souvenez-vous de cette femme soit-disant victime d’une terrible agression raciste dans le RER. Elle était mythomane…

J’ai donc réagi comme un être humain. Émotivement. Cette histoire m’a particulièrement touché pour des raisons personnelles. Et je suis tombé dans le piège… Une bonne leçon.

Cela dit, je suis assez ulcéré par le discours médiatique qui renvoi dos à dos auteur du crime et victime, comme membres de groupuscules extrémistes et qui se vaudraient bien. Quelle que soit notre orientation politique, on ne peut confondre celles et ceux qui militent (même si l’on est pas d’accord sur leurs options) en défendant des valeurs de progrès et de justice sociale et ceux dont le moteur est le racisme et la haine de l’autre.

Pour découvrir le pilote de la série documentaire, et voter pour lui:


Lazarus lève le voile / Le pilote par tvlabfrance4

Photos et vidéos via Lazarus Mirages, tous droits réservés.

Le 14 février 2012, un étrange personnage apparut sur les réseaux : nommé Lazarus Mirages, il commença à poster des vidéos sur le facebook du Tryangle. Masqué, il parlait de piratage de la télévision française et de triomphe du Doute radical. De quoi intriguer le Tryangle…

Rapidement, les médias s’intéressent à son cas et c’est le défunt magazine OWNI qui, hébergeant le second blog de Lazarus, fera fait tomber le masque sous la plume de Julien Goetz: Lazarus Mirages est une série documentaires produite par Patric Jeanet Anne-Laure Bonnel;. Il se présente d’abord comme une expérience transmédia à découvrir sur le site de Lazarus Mirage puis comme documentaire traditionnel à découvrir en bas de l’article. Son thème ? Démasquer les supercheries.

Mais, malgré tout, les producteurs continuent de prétendre que Lazarus existe bel et bien. Ce serait bien lui qui les aurait contacté pour produire un documentaire sur la zététique et ses méthodes. Séduit, l’équipe aurait conçu une esthétique et un costume pour faire de lui un personnage unique en son genre, croisement entre un Anonymous, Arsène Lupin et un prestidigitateur.

Pour vous faire une idée, vous pouvez le découvrir dans cette vidéo (Attention, la vidéo contient des morceaux de Bruno de Solo):


Anne-Laure Bonnel pour « Lazarus lève le voile » par tvlabfrance4

Le Tryangle ne rate jamais l’occasion de parler à un personnage fictif, surtout qu’il en est un lui-même. Rencontre avec Lazarus Mirages, him (ou her) self.

Lazarus Mirages, du doute à la zététique

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Qui est Lazarus ? Qu’est-ce que Lazarus, et dans quelle mesure existe-t-il ?

Quelle question surprenante. J’existe en effet, tout autant que vous. Devrais-je dire, aussi peu que vous ? En effet, notre perception du monde n’est jamais qu’une fiction que nous nous jouons à nous mêmes et notre personnalité sociale n’est qu’un masque construit selon notre culture, notre éducation, notre expérience, des normes. Nous sommes les personnages d’un grand spectacle et le seul moyen d’en sortir un peu est d’en prendre conscience.

Comment êtes-vous devenu Zététicien, et quels sont vos modèles ? Avez-vous des contacts avec d’autres Zététiciens comme Henri Broch ? Curieusement, on pense souvent à Houdini et le Arsène Lupin de l’ïle aux Trente Cercueils.

C’est trop d’honneurs.

Pour Henri Broch, il est ma référence scientifique (je ne suis pas scientifique moi-même). C’est à lui entre autres que je m’adresse pour faire valider mes propos et expériences qui sont parfois directement tirées de ses recherches. Nous ne nous connaissons pas physiquement mais échangeons très souvent. C’est de plus une personne exquise.
J’ai beaucoup d’amitié aussi pour l’un de ses disciples (j’emploie le terme par provocation) Richard Monvoisin qui enseigne à l’université de Grenoble. J’ai aussi des contacts avec de nombreux zététiciens (et plus rares zététiciennes) un peu partout.

Plutôt que Houdini, j’évoquerais Robert Houdin (Houdini lui a emprunté son patronyme pour lui rendre hommage). Un français, inventeur de tous les trucs modernes de la prestidigitation à qui les zététiciens font souvent référence comme Normand Baillargeon.


Lazarus Mirages – Lourdes par lazarusmirages

Doutez de tout vous amène-t-il à : a) croire en rien b) considérer que tout est possible ; et pourquoi ?

Ni l’un ni l’autre. Le terme « croire » est polysémique. On peut « croire » en des valeurs comme l’humanisme, la laïcité, l’égalité, la justice. Mais quand il s’agit de « croire » au sens religieux du terme, cela correspond à suivre non pas une valeur éthique mais une « vérité » sans pouvoir l’observer, l’analyser. C’est là qu’il faut douter.

La Raison nous donne des outils de compréhension du monde. Elle permet de nous méfier de biais dans nos analyses mais aussi dans nos perceptions. Il est vrai qu’utiliser les outils du scepticisme nous mène à prendre la mesure de nos méconnaissances. C’est là qu’il faut pouvoir déléguer et faire confiance à ceux qui ont plus de savoir que nous dans un domaine, à condition qu’ils travaillent eux-mêmes avec ces mêmes outils que l’on résume par l’expression « méthode scientifique ».

Cette méthode permet de guérir du cancer et de faire voler les avions. La croyance ne permet rien de tout cela.

Peut-on prêcher le doute sans se contredire ?

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N’y a-t-il pas un paradoxe dans le fait de prôner le doute tout en adoptant un style et une théâtralisation située quelque part entre l’Anonymous, l’évangéliste et le prestidigitateur ? En d’autres termes, vous me semblez prôner le doute de façon très affirmative.

Vous avez bien compris que tout cela est aussi un jeu… On peut réfléchir et se faire plaisir, n’est-ce pas ?

Personnellement, je pensais qu’il faudrait réaliser un film documentaire pour parler au grand public du rationalisme. J’ai contacté un réalisateur (Patric Jean) à qui j’ai proposé de financer l’écriture d’un tel projet. C’est lui qui m’a alors proposé d’en faire une expérience « transmédia ». J’ignorais ce terme à l’époque. Et comme je désirais rester totalement anonyme, y compris à ses yeux, il m’a proposé d’en jouer et de m’exprimer moi-même anonymement à l’image. Je vous avoue que découvrir un plateau de tournage m’amusait beaucoup. J’ai donc accepté et Patric Jean et toute son équipe m’ont proposé une apparence (masque, costume…) et un univers dans lequel je pouvais m’exprimer. Ils ont développé une esthétique qui me plait beaucoup. Pourquoi ne pas chercher la beauté quand on le peut ?

Et donc pour vous répondre, Anonymous, pourquoi pas ? J’admire leur combat contre la scientologie. Prestidigitateur, oui. J’en porte d’ailleurs symboliquement la canne traditionnelle. Quant à l’évangélisme, je ne vois pas trop le rapport.


Lazarus Mirages – Test de croyance par lazarusmirages

Ne trouvez-vous pas que vous allez loin lorsque vous reprenez la dialectique et le style conspirationiste pour une production de fiction ? Certains pourraient vous reprocher d’en faire la publicité, d’autres de la parodier sans la croire et d’autres de l’utiliser. Au départ, il était difficile de savoir que vos premières vidéos étaient des fakes (les premières que vous avez envoyé sur facebook au Tryangle) et, aujourd’hui, certains internautes sont déçus que vous ne soyez en réalité qu’une « production télé », je cite : « Clients spectateurs et fossoyeurs passez votre chemin, lazaruze se cherchait une place dans la téloche. Tout va bien »

Mon expression a donc été volontairement très mise en scène comme vous le percevez. Je pense que les tenants d’idées conspirationnistes que je combats font tout au contraire pour ressembler à des personnes sérieuses, normales, voire scientifiques. Je n’ai jamais vu un conspirationiste masqué.

D’autre part, je pensais financer un film documentaire et je me suis laissé entraîner dans une expérience qui comprenait deux films documentaires, un site, une vingtaine d’éléments interactifs, un jeu, un blog, des réseaux sociaux. Tout cela s’est arrêté en juin 2012.

Puis, Anne-Laure Bonnel (de l’équipe de Patric Jean) a proposé que je m’exprime à nouveau dans un film d’une vingtaine de minutes qui serait diffusé en télévision et sur internet. Je ne refuse aucune possibilité de m’exprimer à partir du moment où l’on ne me dit pas ce que je peux ou pas dire. Il n’y a pas de bon ou de mauvais médium. Il n’y a que de bons et mauvais usages. Et les usages sont partout majoritaires.

Il se fait que ce petit film participait à une compétition pour devenir une émission récurrente de télévision française. Si l’on me permet de m’exprimer librement je continuerai. Dès que l’on voudra me censurer ou me pousser à dire des choses, je m’arrêterai immédiatement. Il faut donc me juger sur pièces en sachant que je peux me tromper… Et si je peux m’exprimer librement une fois par semaine avec mes amis zététiciens, sceptiques, laïques et autres humanités, banco.

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D’un autre côté, la ferveur continue de certains internautes autour de votre personnage ne vous effraie-t-elle pas ? Votre devise est « A force de croire, on oublie de douter », et cela semblerait problématique qu’une ferveur trop forte vous entoure : « Lazarus, j espère que ça marchera car tu peux changer ces mentalités, et peut être si le peuple français serait moins aveugle, on y arrivera à la révolution. »

Une ferveur pour une personne anonyme et qui le restera ne m’inquiète pas. Je ne risque pas de devenir une pop star ni que l’on me reconnaisse dans la rue. Je m’exprime d’ailleurs aussi dans d’autres pays, d’autres langues et sur d’autres thèmes, cette fois sans porter de masque. Lazarus est surtout le vecteur de valeurs, d’idées dont chacun peut s’emparer. Que mes amis sceptiques se rassurent, je ne finirai pas dans une publicité. Je n’ai rien à vendre.

Votre proactivité sur les réseaux sociaux dessine un personnage plus émotif que celui du documentaire : votre réaction à la mort de Clément Méric avant même le début de l’enquête était particulièrement affirmative quant au déroulée des évènements, qui ont, depuis, pris une tournure plus complexe et non moins tragique. Peut-on être zététicien sans être stoïcien ?

Je vais vous faire une confidence. J’ai commis une erreur. Je me suis repris dans les secondes qui ont suivi mais j’ai agi effectivement de façon trop émotive. Si l’on avait appris le lendemain que le skinhead n’en était pas du tout un et que la victime était armée, j’aurais eu l’air stupide. Ce genre de choses arrive que les réseaux sociaux car ils sont rapides, instinctifs. Souvenez-vous de cette femme soit-disant victime d’une terrible agression raciste dans le RER. Elle était mythomane…

J’ai donc réagi comme un être humain. Émotivement. Cette histoire m’a particulièrement touché pour des raisons personnelles. Et je suis tombé dans le piège… Une bonne leçon.

Cela dit, je suis assez ulcéré par le discours médiatique qui renvoi dos à dos auteur du crime et victime, comme membres de groupuscules extrémistes et qui se vaudraient bien. Quelle que soit notre orientation politique, on ne peut confondre celles et ceux qui militent (même si l’on est pas d’accord sur leurs options) en défendant des valeurs de progrès et de justice sociale et ceux dont le moteur est le racisme et la haine de l’autre.

Pour découvrir le pilote de la série documentaire, et voter pour lui:


Lazarus lève le voile / Le pilote par tvlabfrance4

Photos et vidéos via Lazarus Mirages, tous droits réservés.

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Quentin

Rédacteur en chef et monarque désagréable du Tryangle, Quentin a un goût immodéré pour l'étrange : il collectionne les paranoïaques, fait des boutures de bizarre dans le jardin de sa propriété en Dordogne tout en affectionnant la compagnie des fous dans les Salons les moins connus de la Capitale.
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