Le TRYANGLE vous invite dans le côté obscur du sexe. Après quelques mots sur sa méthode, l’Internetomancie, Théodor vous propose de découvrir une nouvelle pratique étrange : la Claustrophilie, l’amour des petits espaces.

Et si, à l’heure d’aborder un nouveau sujet, je partageais avec vous quelques éléments de la méthode Tryangulaire ? Cela me paraît d’autant plus important que, ce soir, j’ai décidé de vous faire découvrir une communauté et une pratique que vous ne connaissez pas…

Et pour me permettre d’oser affirmer qu’il y a de fortes chance que vous ne la connaissiez pas, et bien… il faut que je ne la connaisse pas moi-même. Ouvrons donc notre esprit.

Avant-propos : l’internetomancie à l’usage du débutant

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L’internetomancie consiste à explorer l’immense inconscient du web à la recherche des zones les plus étranges, et/ou les plus sombres. Tout d’abord, il faut se décongestionner l’esprit, le lubrifier à l’aide d’un alcool, d’un instrument de musique ou de sels de bain ( gniiiiiiiihiiii ). Ensuite, rêver un peu – beaucoup – et imaginer quelles pratiques étranges peuvent bien exister que le Tryangle n’a pas encore découvertes, explorées, disséquées.

L’erreur de débutant serait d’arpenter internet en quête de jamais-vu, d’hyperliens sournois et d’images dégueulasses jusqu’au coup de bol – BINGO – une femme à barbe qui aime boire son vomi! Ça fonctionne, mais ça n’a franchement aucun intérêt si ce n’est le voyeurisme. Non, le secret, jeunes internetomanciens, est de regarder à l’endroit précis qu’on oublie lorsqu’on cherche l’étrange le plus lointain, la bizarrerie la plus exotique… je veux bien sûr parler de votre propre conscience. En vérité, c’est évident, en chacun de nous, il y a une femme à barbe qui aime boire son vomi.

Car internet est l’incarnation la plus aboutie de l’inconscient collectif, voir de zones plus profondes de la psyché humaine. Il naît de désirs enfouis, de rêves incongrus qu’internet amplifie – rendant visible à la foule une idée qui vivait dans un recoin. Aujourd’hui, ce sont d’immenses communautés secrètes qui se retrouvent sur le web, enfantées spontanément d’un unique cauchemar individuel. Car si vous avez fait un songe une nuit, alors d’autres l’ont fait aussi. Si vous avez un fantasme, d’autres l’ont aussi. Si vous avez une lubies, vous pouvez trouver des gens pour votre club. Si vous vous prenez pour la réincarnation de Jésus et Michel Sardou, vous trouverez sûrement une armée de fidèles <3 

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L’internetomancisme est-il un humanisme ? Peu importe, car il est temps de vous faire une démonstration. Méditons… C’est la première étape : l’inspiration (1). Mon esprit vagabonde un peu avant de me remémorer mon précédent appartement, un réduit dans lequel s’exprimait toute l’étendue de ma claustrophobie et à cause duquel, encore aujourd’hui, j’éprouve une infinie difficulté à rester chez moi. Cette claustrophobie me donne parfois des suées, des cauchemars dans lesquels je flotte dans l’espace dans un cercueil. De toute façon, les espaces – et les esprits – confinés, me donnent la nausée.

Et si… et s’il existait des « CLAUSTROPHILES » ? Entrons ces mots sur Google, en anglais. Tout simplement. C’est l’incantation (2).

Eurêka !

La piste allait me mener, d’un espion transformiste du MI6 à Packagedstories.net (histoire d’empaquetage) en passant par de très nombreuses images d’hommes et de femmes dans des boites de toutes tailles. C’est l’exploration (3).

Un espion du MI6 retrouvé dans un sac North Face

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Visiblement, le claustrophile le plus célèbre l’a été à son insu : le corps décomposé – paix à son âme – de Gareth Williams, agents du MI6, a été retrouvé dans un sac de camping North Face dans son appartement de Londres (source : DailyMail ). Au départ, les enquêteurs en charge du dossier ont eu bien du mal à comprendre ce qui avait bien pu arriver au fonctionnaire… L’équipe de la police scientifique s’est, quant à elle, réjouie de voir le corps de la victime déjà placé dans un sac solide qui a permis son transport de façon à la fois pratique et efficace

Au centre des interrogations des policiers : pourquoi le sac dans lequel il était enfermé était-il si étroit? Des explications sont naturellement venues de l’ordinateur de la victime, dont l’historique de navigation était marqué par la visite des sites sur des formes extrêmes de bondage. Williams n’était pas seul chez lui au moment des faits : un cadenas tenait le solide zipper fermé. La presse, prenant l’affaire des mains de la police et du médecin légiste, lança l’idée qu’il pouvait s’agir d’une séance de claustrophilie qui aurait mal tourné… Ah ?

 

Claustrophilie : définition(s)

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L’Urban Dictionary, une référence diablement riche pour toutes les pratiques les plus étranges, définit la claustrophilie comme « le plaisir d’avoir des relations sexuelles dans des espaces confinés ». Le Dr. Anil Aggrawal, dans Forensic and Medico-Legal Aspects of Sexual Crimes and Unusual Sexual Practices, en donne une définition légèrement différente : excitation et plaisir sexuel d’être maintenu dans un espace très restreint et confiné. Elle ne mentionne pas les sacs North Face, mais l’on peut raisonnablement dire que cela convient à la description de cette étrange paraphilie…

Le Dr Mark Griffith, dont le génial blog est une permanente source d’inspiration pour le Tryangle, mentionne même le grand auteur de Science-Fiction Isaac Asimov comme ayant contracté ce goût des espaces confinés :

Il aimait les petits espaces confinés. Dans le premier volume de son autobiographie, il se remémore un désir qu’il avait enfant : celui de devenir propriétaire d’un des minuscules kiosques à journaux que l’on trouve dans les stations de métro de New York, et dans lequel il aurait pu s’enfermer pour lire et écouter le grondement des rames. (source)

Pour l’instant, ça reste soft. Attendez un peu…

Origine du plaisir claustrophile ?

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La journaliste Anneli Rufus, citée par Mark Griffith, présente la claustrophilie comme une forme de bondage extrême « dont les pratiquants sont excités par l’enfermement complet dans des espaces très serrés, à l’images d’une boite, d’un sac, d’une cage, d’un cercueil ou du coffre arrière d’une voiture ».

Celle-ci, auteur de deux articles sur le sujet (l’un sur le Daily Beast et l’autre sur Psychology Today), interroge d’ailleurs Carol Queen, professeur d’éducation sexuelle à San Francisco, pour qui l’excitation du claustrophile pourrait venir d’un sentiment d’impuissance (une constante dans les pratiques de bondages-sado-maso), ou peut-être aussi du fait que la respiration contrainte due à l’étouffement donne l’impression d’avoir été drogué – et parfois un certain plaisir sexuel. On en trouve la preuve sur les sites claustrophiles qui avertissent et guident les pratiquant sur l’asphyxie positionnelle.

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Quant à Carol Queen, elle établit un lien avec l’altération de la proprioception« la perception que votre corps a de lui-même » ) et ajoute :

Les masques à gaz et les cagoules pourraient entretenir un certain rapport avec cette pratique, selon moi. J’ai déjà participé à une party fétichiste à Hollywood Hills durant laquelle la dominatrice a mis son client dans une sorte de cercueil… Alors, bien sûr, il y a l’impuissance: une excitation sexuelle d’origine quasi-neurologique puisqu’elle vient du fait que les sensations du corps, sa proprioception, sont complètement altérées […] la peur aussi, du fait que la personne qui les a enfermé peut très bien décider de les y abandonner et de ne revenir que bien plus tard – ce qui paraît très dangereux car  la santé d’une personne ainsi enfermée doit être surveillée à tout moment – c’est une pratique dangereuse et il faut s’assurer que la personne enfermée puisse tout de même communiquer avec le dominant.

51kUunYeHbLNon content d’ajouter, dans son article, quelques remarque de Cary Howie de l’Université de Cornell et auteur de Claustrophilia : The Erotics of Enclosure in Medieval Literature, Annie Rufus – décidément un personnage très sympathique – a contacté Winter Fetish, un manufacturier d’outils de bondage situé à Seattle.Ceux-ci vendent notamment des sac de couchage Spandex (une matière connue sous le nom d’élasthanne en français)  qu’ils décrivent fièrement ainsi : « Vous serez enfermé de la tête au pieds comme dans une chaussette ». Chic.

C’est une certaine « Tonya Winter » qui lui répond :

Les sac de couchage disposent de manches internes de façon à ce que la personne captive ne puisse ni se protéger le corps, ni se donner du plaisir. Nous avons aussi mis des zippers pour que différentes parties intimes du captifs puissent être accessibles de l’extérieur. Le fait que le sac de couchage soit très serré est conçu pour donner une sensation de sérénité au captif.

Un sac de couchage ? Le sommeil ? Des cercueils ? Votre vie dans la main de quelqu’un d’autre ? Tiens, ça devient curieusement poétique. Comme quoi…

La Claustrophilie : fantasme de résurrection ?

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Le fantasme claustrophile pourrait donc avoir comme dénominateur commun l’impossibilité pour le captif de s’en affranchir. Comme souvent avec les fantasmes, derrière les cris et les érections, un sens plus philosophique apparaît : la claustrophilie tiendrait aussi du vertige procuré par le fait de mettre sa vie dans les mains de quelqu’un d’autre. Ainsi, les conversations sur les forums comme Trunkstories ou Packagedstories donnent de nombreux détails sur les sentiments ressentis. Dans les descriptions de pratiquants, j’ai trouvé une sorte de soulagement d’avoir échappé… à un danger. La mort ? Il est à noter l’aspect infantilisant de la captivité, la boite comme refuge utérin, retour à l’enfance, ou à cette période de stase entre la mort et la vie. Dans le ventre de la mère ?

Le Dr Mark Griffith établit un lien entre la claustrophilie et un autre fantasme qui n’est pas une légende urbaine : la Taphephilie, l’excitation ou le plaisir sexuel d’être enterré vivant.

Comme souvent, on peut croire qu’il s’agit d’une simple blague – un hoax comme il y en a tant sur internet – mais des forums comme le Six Feet Under Club et Buried Stories sont des preuves assez éloquentes de ce fantasme de zombie-sexuel. mark Griffith relève deux citations que je vais vous traduire – tenez-vous prêt – ça fait voyager :

Être enterré vivant est un cauchemar pour la plupart des gens – mais c’est une joie et un fantasme pour d’autres. Le désir d’être mis en boite, mis dans un sac et enterré est très excitant pour bien plus de gens que vous ne pensez. Cette sensation d’impuissance que l’on peut avoir lorsque le bruit sourd de la pelle résonne contre la paroi du cercueil, et la couvre de terre. Ce fantasme peut aussi concerner la mise en bière, les sacs en plastiques utilisés par la police pour les cadavres, ou tout autre forme d’enfermement que ce soit sur plage, dans la terre ou même dans des sables mouvants. Enfermement et mise en bière, englouti par les sables mouvants ou même être mis en boite dans un lieu déjà très confiné lui-même. Certains ont peut-être déjà réalisé ces rêves alors que d’autres ne font que les écrire, mais vous pouvez ici venir tout partager avec nous.

sixfeetunderclub-smallEt si vous étiez enterré vivant avec l’être aimé ? Lors des « Monochrom« , conferences organisées par le Six Feet Under Club, des couples peuvent se porter volontaires pour être enterrés vivants ensembles, dans un cercueil puis sous la terre (je vous conseille la visite de la page Facebook). Le tenancier du site s’emporte et ajoute que le « cercueil est, pour [eux], le symbole de cette phrase : « Jusqu’à ce que la mort nous sépare ». On n’ira pas lui donner tort…

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Sur ce, je vous laisse, je vais commencer à creuser pour tester « l’enterrement vivant » avec l’aide de ma voisine qui est du genre « toujours partante ». La seule condition qu’elle a posée et que je mette mon assurance vie à son nom – un détail. Elle est vraiment sympa. Bon, j’y vais, je vous laisse avec d’autres images que j’ai dégotté sur le site « Seriousimages.com ».

A bientôt j’espère !

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