Lorsque ThéoBé m’a sympathiquement proposé de contribuer à ce nouveau numéro du Tryangle, j’y ai vu l’occasion rêvée de soumettre à votre attention une question que m’obsède depuis mon dernier visionnage de Zoolander:

Comment est-il possible que Ben Stiller soit encore en vie

après avoir réalisé un tel film ?

Ce n’est pas ce type de réactions que la beauté irradiante de Derek Zoolander provoque normalement chez les spectateurs ; et vous devez certainement vous demander à ce stade de mon article si je ne suis pas folle (ne vous inquiétez pas, ça m’arrive tout le temps). Comprenez bien que contrairement à Bret Easton Ellis qui a accusé Ben Stiller de lui avoir pompé l’idée de Zoolander dans son roman Glamorama, je ne pense pas que Ben Stiller devrait être pendu haut et court pour son humour bien gras ; au contraire. Critique de cinéma et passionnée de pop culture, j’aime et soutiens ce genre de films à l’humour délirant.

Or, lorsque j’ai regardé Zoolander pour la énième fois il y a de cela quelques semaines, j’ai certes ri mais j’ai aussi réalisé que loin d’être stupide, ce film est probablement l’un des plus subversifs et dangereux de l’histoire du cinéma américain. « Subversif » pourquoi et « dangereux » pour qui, je ne peux vous le révéler si brutalement. Comme l’a souligné Roch Saüquere dans son interview avec Denis-Quentin Bruet-Ferréol (consultable dans le précédent numéro de Tryangle), certaines idées doivent être amenées avec douceur pour ne pas risquer leur rejet complet par un récepteur qui leur serait totalement étranger.

Je me doute que si vous lisez Le Tryangle vous êtes quelque peu armés pour lire les dossiers explosifs de la rédaction mais ne préférant pas tenter le diable, faisons tout d’abord un petit détour par la France avant de nous tourner vers Los Angeles. Après tout, l’actualité de notre pays est riche en ce moment et il serait dommage de ne pas en dire deux mots, façon Le Tryangle

 À l’heure où notre beau pays se prépare au second tour de ses élections présidentielles, hommes politiques et journalistes se félicitent du faible taux de 19% d’abstention relevé dimanche 22 avril dernier; affirmant que l’on devrait connaître pour l’ultime passage aux urnes le 6 mai prochain une mobilisation tout aussi considérable. Ce 19% a bien entendu donné lieu à des analyses visant à déterminer qui se cachait derrière cette irréductible cohorte de mauvais citoyens. Jeunes des banlieues, anciens militants déçus de leurs représentants ou encore flemmards n’ayant pas voulu sacrifier une minute de leur dimanche ensoleillé pour s’enfermer dans l’isoloir, aucun des « usual suspects » n’a été oublié.

Si les explications habituelles pour décrypter et par la même occasion condamner l’abstention ont bien toutes été avancées, celles qui en font un acte réfléchi et politique à part entière n’ont pas – comme à l’accoutumée – fait l’objet d’une véritable couverture médiatique. Certes, on laisse bien volontiers aux disciples de Montesquieu quelques pages dans les journaux pour présenter leurs justifications philosophiques et académiques au refus de voter, mais il reste un groupe de réfractaires pour qui le web demeure le seul moyen pour véhiculer leurs raisons considérées comme absurdes, ubuesques et terrifiantes à la fois par les lettrés bien-pensants. Il est vrai que cela ferait drôle d’entendre lors de l’une des grandes messes télévisuelles de vingt heures que des Français ne votent pas afin de ne pas contribuer à l’avènement du Nouvel Ordre Mondial.

En effet, tandis qu’une majorité de leurs camarades abstentionnistes ont renoncé à leur droit (et devoir) persuadés qu’aucun des candidats à la fonction suprême ne lèveront le petit doigt pour améliorer leur existence, les partisans de la théorie du complot eux sont convaincus du contraire. Hollande, Sarkozy – ou un autre – agiront. Oui, ils agiront, néanmoins pas pour faire le bonheur des petites gens ni même de leurs électeurs mais pour faire celui des Illuminati. Nos hommes politiques ne seraient que des pantins, des pions à la solde de cette société secrète mondiale au sein de laquelle un groupe constitué des treize familles les plus puissantes de notre planète œuvreraient à la mise en place du Nouvel Ordre Mondial.

Des illuminés, c’est bien ce que sont pour la plupart d’entre nous ces no life qui ont trop lu 1984 de George Orwell, trop regardé X-Files et les films d’Oliver Stone. Car de la fiction, du divertissement, c’est cela que les théories du complot sont à nos yeux. Comme il est sympathique lors d’une soirée entre amis de faire allusion à l’assassinat de JFK qui aurait été orchestré par la CIA ou au faux suicide de Marilyn Monroe qui aurait été en réalité réduite au silence par Bobby Kennedy en personne afin qu’elle ne divulgue pas les secrets d’État que le Président Kennedy lui aurait révélé lors de leurs rencontres intimes. Comme il est bon de regarder un sourire au coin des lèvres les reportages sur les chaînes de la TNT sur les Francs-Maçons, les Illuminati et ce fameux Nouvel Ordre Mondial pour au final se dire que grâce à ces « investigations » on sait tout ce qu’il y a à savoir sur ces délires paranoïaques de schizophréniques. Pourtant, de rapides recherches sur Internet suffisent à démontrer que ce thème est loin d’être aussi peu documenté et risible qu’on pourrait le croire ou tentait de nous le faire croire.

On trouve en effet sur le web une multitude de sites aussi bien en français qu’en anglais dédiés à dévoiler au grand jour les projets des véritables Maîtres du Monde. Allant au-delà du simple décryptage du symbolisme du dollar dont l’œil surmontant la pyramide serait l’emblème par excellence des Illuminati, les auteurs de ces analyses se font aussi les relais des témoignages d’individus qui auraient échappé aux griffes des conspirateurs. Non contents de dénoncer de manière générale et de ce fait anonymement nos systèmes gouvernementaux et financiers qui seraient tout acquis au plan de leurs Maîtres, ils diffusent des documents édifiants regorgeant de noms et de détails particulièrement dérangeants sur les méthodes de manipulation utilisés par les Illuminati. Figure de proue du mouvement encore très underground de lutte contre ces derniers, Fritz Springmeir purge depuis 2003 une peine de neuf ans de prison pour sa prétendue participation à un vol. Pour beaucoup de ses soutiens, Springmeir a payé le prix fort pour les révélations qu’il a faite au sujet du projet « MK MONARCH », l’arme absolue selon lui des Illuminati.

Dans l’ouvrage qu’il a écrit en collaboration avec Cisco Wheeler – une ancienne victime du MK Monarch – et intitulé The Illuminati Formula Used To Create an Undetectable Total Mind Controlled Slave, Springmeir explique comment ses ennemis – qui sont à ses yeux des satanistes – ont recours à ce qui ne peut être décrit autrement que comme un lavage de cerveau extrêmement violent – développé par les Nazis et repris par la CIA -, composé de privations de nourriture, punitions corporelles sévères et viols incestueux afin de créer des esclaves dont la fonction principale serait de transmettre génétiquement à leurs enfants le savoir qu’ils ont eux-mêmes reçu ; conservant ainsi au sein des familles composant l’élite des Illuminati leurs noirs secrets et desseins.

Le nom de ce programme de contrôle mental, « Monarch », serait dû au papillon Monarque dont l’étude aurait fait prendre conscience aux scientifiques qu’il est possible de passer par les gênes des données intellectuelles et mentales, d’un parent à un enfant. La conséquence et caractéristique de cette altération mentale serait la dissociation psychique des victimes : à l’instar des schizophrènes, ils seraient capables de changer entièrement de personnalité en fonction de la situation à laquelle il serait confronté. Ces changements ne seraient pas volontaires mais calculés, programmés par leurs bourreaux qui en ont fait de véritables robots.

Dénoncer leurs anciens tortionnaires et les pratiques dont ils ont été victimes, c’est ce que font donc des centaines d’anonymes sur le web tandis que quelque uns d’entre eux arrivent même à publier les comptes-rendus à vous glacer le sens de l’enfer qu’ils ont vécu. C’est le cas de Brice Hope, une Américaine dont l’autobiographie parue en 1999 fit l’effet d’une bombe dans le milieu des anti-Illuminati. Ironiquement baptisé Thanks for the memories : The Memoirs of Bob Hope’s and Henry Kissinger’s Mind-Controlled Sex Slave, le livre de Hope revient sur les années d’abus dont elle a souffert entre les mains des grands de ce monde, dont Bob Hope, l’un des acteurs des années 50 les plus adorés aux Etats-Unis. Pour tout être humain, mais plus particulièrement pour les passionnés de cinéma et d’Hollywood dont je fais partie, tomber sur le contenu de ce manuscrit est similaire à l’ouverture de la boîte maléfique par Pandore : après l’avoir parcouru, il est impossible de regagner l’innocence que l’on avait vis-à-vis du monde du cinéma car il pointe du doigt non seulement Bob Hope mais d’autres piliers du divertissement américain comme Frank Sinatra (« The Voice », déjà accusé auparavant d’avoir orchestré le viol collectif de Marilyn Monroe quelques jours avant sa mort mystérieuse). Même si l’on n’y croit pas – ou juste un peu – il est difficile de ne pas faire une lecture différente des événements qui ont secoué et continuent de secouer la planète people. En d’autres termes, comment ne pas se demander à la lumière de ces révélations s’ils ne sont pas tous pourris là-haut, à la botte des Illuminati ?

 

Je parle de la « planète people » car c’est principalement sur les blogs de gossips (potins) américains que l’on trouve le plus d’informations et d’interventions au sujet de la décadence criminelle qui régnerait à Hollywood. Sur des sites très fréquentés comme Lainey Gossip et Dlisted sont publiés des « blind items », des potins qui narrent les débauches et secrets de célébrités sans en mentionner leurs noms, laissant aux visiteurs le soin de deviner leurs identités.

Que les riches et puissants s’adonnent à des orgies n’a rien de neuf ni de surprenant me direz-vous. Dès 1959, Kenneth Anger – brillant cinéaste (Firework en 1947) et luciférien autoproclamé – balançait dans son best-seller Hollywood Babylone des histoires sur les dépendances au sexe ( dont les amours douteux de Charlie Chaplin) et aux drogues du tout Hollywood avec en prime des photos macabres de l’accident tragique de Jayne Mansfield entre autres réjouissances. La magie et le sexe étaient les deux ingrédients du cocktail détonant dont s’abreuvaient nombre des célébrités des années 60 et 70. Anger fit tourner Mick Jagger et Marianne Faithful dans ses courts-métrages montrant de véritables rituels sataniques (Invocation of my Demon Brother en 1969) et raconte encore volontiers aujourd’hui ses séances de spiritisme en présence de Jack Nicholson.

Délires de hippies, de millionnaires en mal de sensations fortes, les aventures d’Anger et de sa bande sont quelques effrayantes mais pas traumatisantes. J’aimerais pouvoir en dire autant d’un « blind item » posté le 1 mars dernier sur le site Crazy Days and Nights dont le contenu et les révélations qui ont suivi sa publication ont retourné l’estomac de ses lecteurs:

« This former B list television actress who was on a really big hit network show just a couple of years ago now just seems to float mindlessly and flit between boyfriends. She comes from a broken home and abusive home. Her dad used to beat her and get into bed with her. Her mom just let it happen because she was being beaten herself and did not want to provoke. Well, now the actress who is still very young only seems to date boyfriends who are abusive and willing to hit her. Her last boyfriend (former A list athlete with B list name recognition) was so scared that he would kill her he broke up with her. Her new celebrity boyfriend does not punch nearly as hard but seems to love it. Probably getting out his anger because he is closeted »(Source).

Les faits relatés dans le texte étaient déjà suffisamment choquants mais le pire était à venir avec l’intervention d’un mystérieux commentateur appelé « Himmm » qui prétendit avoir résolu l’énigme. Selon lui, la jeune starlette en question serait sans aucun doute Hayden Panettiere, l’héroïne de la série à succès Heroes. Difficile d’imaginer que la cheerleader aurait été victime de tels abus surtout que le reste des allégations de Himmm sont encore plus incroyables et glauques : Hayden Panettiere serait l’amie et esclave de Diana Jenkins, « la pierre de Rosette de tous les scandales et perversions hollywoodiennes » pour reprendre les termes du commentateur. Amie de grands acteurs très populaires tels que Sean Penn et George Clooney, cette philanthrope multimillionnaire serait à la tête d’un réseau de prostitution de luxe dont son prétendu ouvrage de photographies de célébrités – Room 23 – serait le catalogue. Dans sa lancée, Himmm balança aussi le nom du violeur présumé de Natalie Wood qui ne serait autre que Kirk Douglas (Spartacus), le père de Michael Douglas. Il établit de plus une liste des seules célébrités d’Hollywood qui ne seraient pas des monstres dégénérés, citant entre autres le nom de Johnny Depp. C’est cette liste ainsi que d’autres indices laissés dans ses contributions qui ont poussé les lecteurs à conclure que ce serait ROBERT DOWNEY JR. en personne qui aurait ainsi enflammé ce microcosme, ayant décidé d’enfin briser le silence entourant les atrocités perpétrées à Hollywood.

Sans les données que je vous ai divulgué plus haut, vous n’auriez sans doute pas porté plus d’attention à cette affaire qu’aux ragots de Closer. Mais maintenant que je vous ai averti de l’existence possible du programme Monarch, vous vous demandez si Hayden Panettiere mais aussi les autres jeunes stars d’Hollywood comme Lindsay Lohan ou Amanda Bynes (arrêtée pour conduite en état d’ivresse le mois dernier) ne devraient pas leurs démêlés avec la justice, l’alcool et la drogue aux horribles traitements des Illuminati. L’ancien enfant star Corey Feldman (The Goonies et Gremlins) semble affirmer que c’est le cas.

Ami de Michael Jackson, il a démenti avoir été abusé par ce dernier mais a cependant dénoncé une autre affaire de viol avérée selon lui lors d’une interview particulièrement troublante pour la chaîne ABC en août 2011. Suite au décès tragique de son meilleur ami et partenaire à l’écran Corey Haim (Lucas, The Lost Boys) d’une overdose, Feldman a affirmé que les déboires fatales de Haim étaient dus à l’agression dont il avait été victime entre les mains d’un puissant patron d’Hollywood en 1987. Et Feldman de conclure que le problème numéro un à Hollywood est la pédophilie.

Depuis cette déclaration, les commentateurs se sont lancés à la recherche du coupable, suggérant tour à tour les noms de Joel Schumacher et Steven Spielberg ! Les pontes de Disney ne sont pas en reste, puisque les accusations à leur encontre sont légions et que surfant les sites de gossips, on se rend rapidement compte qu’il existe une sorte de consensus autour de la boîte de Mickey : les enfants stars de chez Disney ont une chance sur deux de devenir des adultes à la dérive comme Britney Spears ou plus récemment Demi Lovato qui a admis avoir été constamment submergé d’alcool et de drogues. Et si Kenneth Anger avait raison ? Et si Hollywood c’était véritablement Babylone ?

Le site The Vigilant Citizen n’en doute pas et s’affaire à démanteler les messages subliminaux que cet épicentre infernal enverrait ; traquant et exposant inlassablement tous les symboles Illuminati qu’ils peuvent trouver dans les films mais aussi dans les chansons, les clips musicaux et les cérémonies de remises de prix tels que les MTV Music Awards qui sont à leurs yeux de grandes messes en l’honneur du diable, source du pouvoir des Illuminati. Les tubes de Lady Gaga comme Alejandro deviennent des serments d’allégeance au Nouvel Ordre Mondial et le show de Madonna au Super Bowl une apothéose satanique. C’est vrai que son arrivée sur scène coiffée d’un casque encorné avait de quoi se faire soulever un ou deux sourcils.

Pour revenir au cinéma, une folle rumeur voudrait que la mort de Stanley Kubrick survenu juste avant la sortie de son dernier film Eyes Wide Shut (1999) eut été un assassinat orchestré par les Maîtres du monde. Rêve érotique pour les uns, descente en enfer d’un homme (Tom Cruise) qui découvre les désirs d’infidélité de son épouse (Nicole Kidman) pour d’autres, le film serait à leurs yeux une mise sur pellicule des rituels des Illuminati ; rituels qui devaient par définition rester secrets. En osant montrer aux non-initiés les mœurs magiques de la haute société new-yorkaise, le mythique réalisateur serait allé trop loin et aurait payé de sa vie sa trahison. Si Kubrick a été liquidé pour Eyes Wide Shut, il est légitime de se demander pourquoi le même sort n’a pas été réservé à Ben Stiller dont le Zoolander est une œuvre qui offre bien plus de détails sur les opérations des Illuminati que celle de Kubrick.

 En apparence, Zoolander est une comédie inoffensive dont le seul message est que d’être « très très très beau » n’est pas suffisant dans la vie pour être heureux. A y regarder de plus près pourtant, le film – sorti sur les écrans peu de temps avant les attentats du 11 septembre – semble bourré de références aux Illuminati. Dès la première scène, le spectateur est plongé dans une conspiration. Il découvre en effet que le monde de la mode est dirigé par un groupe secret de cinq ou six grands couturiers (on reconnaît facilement Karl Lagarfeld et la rédactrice en chef du Vogue US Anna Wintour) et qu’ils ont décidé d’assassiner le premier ministre de Malaisie qui veut abolir le travail des enfants, la main d’œuvre principale de ces créateurs. Ils ordonnent donc à l’un de leur confrère – Mogatu (Will Ferrell) – de trouver un décérébré pour mener à bien cette mission. Mogatu finit par arrêter son choix sur Derek Zoolander, un mannequin aux capacités intellectuelles très réduites et à qui il va faire subir un puissant lavage de cerveau. Deux points sont ici très intéressants.

Tout d’abord, notons que les sombres dirigeants de l’industrie de la mode ont insisté sur le fait que Mogatu doive trouver un simple d’esprit au sein même de leur petite famille. Pourquoi ne pas avoir engagé directement un tueur à gage compétent ? La réponse nous est donnée par David Duchovny (Fox Mulder en personne !) dans la suite du film : depuis toujours, ce groupe tient à déléguer ses sales besognes à ses propres mannequins qui sont habitués à suivre des ordres sans poser de questions. Ils ont été éduqués de la sorte et il n’est pas anodin que le comportement de Zoolander rappelle celui d’un enfant. De ses mimiques à ses réactions égoïstes, Zoolander agit et pense comme un enfant. Cette observation nous amène au deuxième point. Si le lavage de cerveau que Mogatu lui fit subir s’avéra réussi, c’est parce que Zoolander n’était pas complètement psychiquement formé et donc très réceptif aux manipulations mentales. Le procédé dont il est l’objet est le suivant : drogué, il fut exposé pendant plusieurs heures à des images très vives et à une musique accompagnant le message de Mugatu : « Tue le premier ministre de Malaisie » ; la chanson passée inlassablement – Relax de Frankie Goes to Hollywood – servant de déclencheur. Lorsque le moment sera venu, Mogatu la fera jouer ce qui enclenchera chez Zoolander une dissociation. Une fois tous ces éléments mis bout à bout, il est difficile de ne pas conclure que le film ne reprend pas toutes les étapes principales du programme Monarch.

Membre d’un milieu fermé et élitiste, rejeté par sa famille qui n’approuve pas son métier de mannequin, Zoolander est à la merci complète de ses supérieurs. Il n’a pas de vie sociale en-dehors du milieu de la mode et partage même son appartement avec trois autres mannequins hommes qui sont visiblement plus jeunes que lui. La trentaine passée, il serait « naturel » pour Zoolander de vivre seul, surtout qu’il aurait les moyens de s’offrir n’importe quel duplex à Manhattan. Et pourtant, il reste avec ses compagnons, comme si une vie indépendante lui était impossible. Son corps et son image sont utilisés pour générer des profits incroyables mais il est en plus de ça psychologiquement abusé, et cela même bien avant qu’il ne soit recruté à son insu pour tuer le gênant homme politique. Le parcours de Zoolander n’est pas sans rappelé celui de nombreuses stars d’Hollywood: adulé, mis sur un piédestal, Derek est ensuite brutalement rabaissé et détruit au profit d’un plus jeune mannequin, Hansel (Owen Wilson). Fragilisé, il est d’autant plus malléable et est livré en pâture à Mogatu par Maury Ballstein, son propre agent et père de substitution (incarné par le véritable père de Ben Stiller). Suivant le précepte de base du programme Monarch, la trahison et l’endoctrinement se fait en famille dans Zoolander

La relation que Zoolander entretient avec Hansel est tout aussi étrange. Rivaux puis amis, ils partagent les mêmes idées dérangeantes. Alors que Matilda leur confie avec émotion qu’elle a souffert de boulimie dans son adolescence, les deux mannequins pouffent et lui révèlent en riant qu’eux aussi se font vomir avant chaque défilé et qu’il n’y a pas à en avoir honte ! Puis, après avoir usé et abusé de puissantes drogues et d’alcool, ils enjoignent Matilda à les rejoindre dans une orgie. A l’issue de cette nuit de passion, Derek conclut qu’il est amoureux de Matilda après l’avoir vu en action avec deux amis d’Hansel. Banalisation des troubles alimentaires, de la drogue et encouragement du sexe libertin, les mœurs tabous des deux apollons témoignent de leur enlisement dans une industrie où la débauche effrénée est admise comme une norme et est encouragée pour solidifier l’emprise psychologique et physique de leurs bourreaux sur eux. D’ailleurs, cette glorification de la vanité et de la décadence a lieu dès le début du film avec la grande messe de la chaîne VH1 couronnant le mannequin homme de l’année. Le tout Hollywood s’y retrouve (Donald Trump, Natalie Portman…) pour chanter les louanges de Derek même si c’est Hansel qui remporte au final le trophée.Que Zoolander se libère des griffes de ses manipulateurs, c’est ce que l’on espère tout au long du film et le final donne l’impression d’être un happy ending : Derek n’assassine pas le premier ministre de Malaisie, épouse Matilda qui lui donne un beau garçon et il ouvre son « école pour les enfants qui ne peuvent pas bien lire ni écrire ». Malheureusement, on découvre rapidement que Bolstein enseigne dans l’école, dispensant des cours où il explique aux enfants qui se destinent au mannequinât comment obtenir un maximum d’argent en échange de la location de leurs corps. Quand au fils de Zoolander, malgré le fait qu’il ne soit encore un bébé, il imite déjà les expressions faciales de son père, sous les encouragements de ses parents. Derek aurait-il véhiculé génétiquement à son enfant un savoir putride ?

Quelle conclusion tirer de cet exposé ? Zoolander est-il un film pro Illuminati, une œuvre de plus commandée par ces derniers pour nous familiariser doucement à leurs méthodes et ainsi nous les faire accepter plus facilement le moment venu ? Ou bien Zoolander est-il inconsciemment une tentative de la part de Ben Stiller d’alerter le monde sur le fait que les médias et l’industrie du cinéma américain sont les premiers vecteurs de la propagande Illuminati ? En bref, Zoolander, un film dangereux pour les Illumani ou pour nous ?

Difficile de trancher car le film n’est pas aussi direct que They Live! de John Carpenter. Sorti en 1988, They Live! raconte les aventures d’un travailleur nommé Nada (Roddy Pipper) qui entre en possession de lunettes de soleil qui lui permettent de voir le monde pour ce qu’il est réellement. Il découvre alors que des extraterrestres contrôlent la Terre, qu’ils occupent les postes les plus hauts placés dans la société et qu’ils transmettent par les ondes des messages subliminaux. Nada se lance alors dans une guérilla contre ces oppresseurs aux côtés d’une poignée de rebelles qui comme lui en ont trop vu pour oublier et accepter de rejoindre le troupeau. Si vous trouvez une paire de ces lunettes, regardez Zoolander avec et contactez-moi pour mettre fin à toutes mes supputations.

S’ils ne vous ont pas lobotomisé avant…

 

Plus d'articles