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Depuis des siècles, la science a repoussé les frontières de ce que l’on croyait possible. Elle a su expliquer l’utilité des bras, des jambes et même du nombril qui, contrairement à ce que l’on pensait naguère, ne sert pas uniquement à stocker de la nourriture mais bien à empêcher le contenu de l’estomac de se vider en public (ce qui serait discourtois).

Aujourd’hui est un grand jour, on a enfin trouvé l’utilité de l’organe le plus étrange du corps humain : le cerveau. Invité à la présentation d’Open Vibe 2, le Tryangle a pu poser la question : à quoi sert le cerveau ? Réponse : à jouer aux jeux vidéo.

Le Projet Open Vibe

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Hippocampus II (Detail, 2010) by Greg Dunn

Et si vous pouviez contrôler des machines grâce à votre cerveau ? C’est le rêve de plusieurs équipes de scientifiques et d’entreprises innovantes de par le monde. Grâce au développement des technologies d’ICO (Interface Cerveau Ordinateur), certaines applications peuvent d’ores et déjà être présentées. Selon ces équipes d’avant-garde, le cerveau, cet organe réputé inutile, serait donc idéal pour le divertissement des petits – et des grands.

Disponible depuis 2009 gratuitement et en open source, Open Vibe permet de développer des programmes utilisant l’activité cérébrale pour agir sur un programme digitale. Les ICO utilisent des dispositifs électoencéphalographiques (EEG) similaires à ceux utilisés dans les hôpitaux et permettent, par exemple, d’intégrer l’activité cérébrale dans un jeu vidéo. L’Inria a présenté plusieurs jeux, notamment un jeu développé par un autre laboratoire, le GIPSA-LAB, intitulé Brain Invader. Inspiré de Space Invader, il s’agit de se concentrer sur un vaisseau sélectionné parmi une cinquantaine et de le faire exploser par la force de l’esprit.

Testé par CHART à la Cité des Sciences sur 400 personnes, l’expérience a reçu des résultats variables selon les candidats : nous ne serions donc pas tous aussi doué pour dompter nos ondes cérébrales. Malheureusement, certains cerveaux continueront ainsi à être utilisé de la même manière malgré cette grande découverte : à empêcher le crâne de s’effondrer sur lui-même…

Apprendre à se concentrer

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Olfactory Bulb (Detail, 2010) by Greg Dunn

Désormais, le Tryangle se le tient pour dit, il va falloir apprendre à utiliser ce cerveau (si, si !), ce qui pourrait s’avérer aussi amusant, voir (peut-être) utile. C’est la raison pour laquelle la plupart des programmes développés par et autour de l’activité cérébrale se concentrent sur le développement de la concentration, une valeur qui préoccupait peu le monde du digital jusqu’à aujourd’hui. Le centre de recherche CLARTE développe ainsi un « serious game » spécifiquement conçu pour traiter le déficit attentionnel (ADD). Le jeu fait se réunir un casque EEG et des lunettes de réalité virtuelle :

L’environnement virtuel de cette plateforme est une salle de classe dans laquelle l’enfant est par exemple invité à regarder une vidéo sur un écran dans la classe, dont la qualité perçue est directement liée à son activité cérébrale. Ainsi, s’il souhaite continuer à regarder cette vidéo dans de bonnes conditions, il doit maintenir son activité dans les conditions indiquées par le thérapeute.

Le jeu pourrait s’avérer idéal pour faire, par exemple, des simulateurs de conversations punissant toute baisse d’écoute chez le récepteur et punissant la moindre interruption d’électrocution (Le tryangle ne fait que proposer…!). Autrement dit, les casques EEG pourrait favoriser le calme… et les bonnes manières. On notera aussi le BCI Training Center développé par Black Sheep Studio qui permet d’entraîner différentes zones de son cerveau en les visualisant.

Grâce au EEG, l’art de la méditation se trouve révolutionné et peut atteindre de véritable sommet : des applications comme Mindala, et l’utilisation de casques bon marchés (299€) vous pouvez d’ores et déjà observer l’effet de votre méditation sur votre cerveau, comme dans la vidéo suivante :

Une révolution de la méditation. Et pourquoi pas de l’art ?

L’art sans rien faire

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Gold Cortex (2010) by Greg Dunn

Les débats stériles de la critique d’art ont fait perdre une quantité de salive notable à l’humanité. Grâce à la découverte du cerveau, nous pouvons économiser la large quantité de liquides utilisés par les chroniqueurs en tout genre. Comment ? Découvrez la neuro-esthétique :

La neuroesthétique ou neuro-esthétique est une sous-discipline (ou une école) d’esthétique empirique. Cette discipline vise à l’étude des perceptions esthétiques de l’art et de la musique, par une approche scientifique. La neuroesthétique utilise notamment les techniques issues des neurosciences pour expérimenter et expliquer les expériences esthétiques au niveau neurologique.

Grâce à la neuroesthétique, nous pourrons bientôt définir quelles œuvres d’art ont un effet bénéfique sur le cerveau. Par exemple, en trouvant la recette d’une œuvre stimulant les zones de la concentration et de l’effort, les grands entreprises pourront couvrir les murs de peintures encourageantes, obligeant leurs employés à une hyperactivités cérébrales. Le Tryangle vous laisse imaginer les implciations du jugement neuroesthétique sur la neuro-rentrée littéraire ou le neuro-box-office.

Au final, le Tryangle ose l’affirmer : le cerveau pourrait s’avérer au moins aussi utile que le pancréas dans le développement de la civilisation humaine. 

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