Peut-on discuter avec les fantômes ? Avec quelles machines ? C’est la question qui continue de tarauder Philippe Baudouin, que nous avions interviewé avant l’été sur le thème des sciences psychiques. Celui-ci revient avec un magnifique reportage où il poursuit l’exploration de ces « langues de l’éther ». A découvrir.

La radio et, plus généralement, les dispositifs d’enregistrement et de diffusion sonore sont des « machines à fantômes ». L’expression de Gilles Deleuze est ici à prendre au pied de la lettre : qu’il s’agisse du phonographe, du téléphone ou de la télégraphie sans fil qui deviendra plus tard la radio, les inventeurs de ces techniques ont, pour la plupart d’entre eux, pratiqué le spiritisme et mené, en parallèle de leurs travaux bien connus, des recherches dans le domaine des sciences psychiques. Pourtant, cette relation étrange n’a jamais véritablement été questionnée, alors même que l’écoute, notamment nocturne, de voix et de sons invisibles, ne cesse de fasciner et de faire naître toutes sortes de spectres chez ceux qui tendent l’oreille. La radio et les autres « machines parlantes » viennent ainsi perturber nos perceptions.

Or, si les ondes électromagnétiques recouvrent une telle dimension fantastique, « Les langues de l’éther » nous font entendre l’imaginaire qu’elles portent en elles.

Photographie spirite de Une © IMI AGENCE MARTIENNE

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